Gynéco-externe / muqueuses

1. Qu’est-ce que c’est ? Quelle est sa place en dermatologie ?

Toutes les maladies localisées au niveau de la région vulvaire chez la femme et au niveau du gland chez l’homme sont concernées. La vulve est une région anatomique qui est connectée à plusieurs spécialités telles que la dermatologie, la gynécologie, l’urologie et l’endocrinologie. La plupart des dermatoses vulvaires touchent également d’autres régions du corps et sont de ce fait plus proche du Dermatologue (eczéma, psoriasis.)

 

2. Quels types de pathologies sont traités ?

La vulve est le siège fréquent de dermatoses d’irritation qui sont secondaires à des phénomènes de macération ou secondaires à des soins d’hygiène trop intenses qui seront alors eczématisés par de nombreuses substances topiques telles que les antiseptiques et les antimycosiques.

On peut dire que les causes infectieuses sont à l’origine de la plupart des problèmes chez la femme jeune alors que les lésions précancéreuses et cancéreuses vulvaires sont plutôt l’apanage des femmes ménopausées.

Quelques exemples :

1. Vulvite infectieuse

  • L’infection d’origine bactérienne telle que les infections à pseudomonas aeruginosa, les infections à mycobactéries et les infections à streptocoques. Ces trois vulvites se traitent par antibiotiques spécifiques.
  • L’infection d’origine virale. Ce sont des infections à poxvirus qui peuvent survenir sur le versant cutané des grandes lèvres et de la peau avoisinante. Ces lésions peuvent prendre un aspect profus ou présenter un aspect tumoral ou un aspect pseudo végétant et être le reflet d’une immunodépression pour lesquels il faudra parfois faire des recherches biologiques. Ces lésions se traitent habituellement par un curetage, une électrocoagulation fine, ou une volatilisation par laser CO2.
  • L’infection mycosique le plus souvent d’origine candidosique donne plutôt lieu à une vulvo-vaginite qu’à une vulvite simple. Les traitements par désinfection donnent de bons résultats.

 

2. Lésions mélaniques vulvaires

La plupart de lésions pigmentées génitales sont des lésions bénignes. Toutefois leur diagnostic demande le dépistage précoce d’un mélanome. Toutes les lésions mélaniques suspectes doivent être examinées attentivement en vue d’un examen histologique pour éliminer un mélanome ou une tumeur épithéliale pigmentée.

 

3. Les lésions tumorales malignes

  • Carcinome épidermoïde vulvaire : survient le plus fréquemment sur deux types de lésions précancéreuses telles que la dysplasie indifférenciée (maladie de Bowen) ou sur des lésions de dysplasie différenciée (telles que des lésions leucoplasiques ou érythroleucoplasiques).
  • Maladie de Paget : survient habituellement chez une femme ménopausée. Se présente comme une plaque unique souvent très étendue légèrement squameuse siégeant plus sur la peau que sur la muqueuse, d’aspect eczématiforme nécessitant une biopsie.

 

4. Localisation vulvaire de quelques dermatoses

  • Lichen plan : les lésions sont constituées de papules blanchâtres disposées en réseau regroupées en petites plaques ou encore parfois de lésions associant à un érythème des érosions. Le traitement du lichen plan muqueux est palliatif, c’est-à-dire qu’aucun traitement ne permet une guérison définitive mais l’on obtient quand même des effets bénéfiques par la corticothérapie locale ou plus rarement par voie générale.
  • Lichen scléreux vulvaire : il survient dans la moitié des cas après la ménopause mais il peut également se voir chez l’adulte jeune et même chez la petite fille. Les démangeaisons sont des signes habituellement révélateurs. On peut observer une modification d’aspect de la muqueuse vulvaire ayant un aspect blanchâtre ou ivoirin à surface rugueuse ou ayant perdu sa souplesse. Une atrophie des muqueuses est également présente et un effacement partiel ou total des petites lèvres. Le traitement du lichen scléreux vulvaire est médical.
  • Vitiligo : le vitiligo est fréquent à la vulve formant des plaques blanches très bien limitées souvent entourées d’une hyperpigmentation.
  • Psoriasis : constituant des plaques rouges ou rosées, lisses bien délimitées, allongées sur les bords libres de grandes lèvres ou dans les plis, souvent symétriques parfois fissurés au fond d’un pli.
  • Dermite séborrhéique : donne un prurit léger ou nul, constituant des plaques rouges ou rosées parfois un peu squameuses prédominant sur les bords libres des grandes lèvres dans les zones pileuses mal limitées principalement chez les jeunes.
  • Eczéma de contact : donnant un prurit ainsi qu’un érythème diffus mal limité prédominant aux zones de contact avec les sous-vêtements. Le diagnostic s’effectue par les tests épicutanés : le traitement consiste en la suppression de l’allergène.
  • Aphtose : l’aphtose vulvaire est rarement isolée, elle est le plus souvent associée à une aphtose buccale.

 

5. Vulvodynies

Les vulvodynies se définissent comme une sensation inconfortable localisée à la vulve et donnant des brûlures à type de cuisson ou d’irritation sans qu’on ne note une anomalie clinique. Une mise au point est nécessaire.